Résistances

Mardi 18 novembre 2008
« Quand des Palestiniens sont tués, ils ne sont que des chiffres » (Jamileh Alsih, israélienne d’origine arabe).

« C’était le 2 octobre 2000. Il avait 17 ans. Ce jour-là, dans les villages arabes d’Israël, la grève générale avait été déclarée, et une manifestation était organisée en faveur des Arabes des territoires occupés. Mon fils était dehors, il portait, en signe de solidarité, le t-shirt vert de l’association de jeunes « Seeds of peace », à laquelle il appartenait. Il ne participait pas à la manifestation. La police est entrée dans mon village, deux policiers se sont précipités sur mon fils. Je les ai vus de loin. J’ai crié, j’ai voulu les arrêter. L’un lui a asséné un coup de crosse, l’autre lui a tiré une balle dans le cou. L’ambulance qui l’a transporté à l’hôpital a eu beaucoup de mal à se frayer un chemin entre les barrages et les chars israéliens. Asel est mort, 13 Arabes ont été tués dans les jours qui ont suivi.

Quand il y a une manifestation juive, on ne tire pas sur les manifestants. Contre les Palestiniens, on envoie des tireurs d’élite. Et c’est l’un des aspects les plus humains de la vie que l’on assassine ainsi : la solidarité. Les Palestiniens n’ont pas le droit d’être solidaires.

Aujourd’hui, je me bats pour que justice soit faite. Pour que le gouvernement israélien prenne ses responsabilités face à l’assassinat de ces 13 arabes abattus par sa police. Depuis un an, je subis chaque jour les tracasseries de la justice israélienne et la discrimination.

Quand une mère juive perd son enfant dans un attentat, la télévision la montre en pleurs. C’est un être humain dans la douleur. Quand des Palestiniens sont tués, ils ne sont que des chiffres : « 13 morts… » sans visage, 13 morts sans mères qui pleurent…

Nous avons reçu 4.000 cartes de soutien de membres d’Amnesty International pour Asel… C’est un appui psychologique, mais ce que je vous demande aujourd’hui, c’est de m’aider à obtenir justice pour mon fils et les autres victimes arabes. Je sollicite votre appui concret pour que l’enquête aille jusqu’au bout. Je demande aux organisations de défense des droits humains de prendre la relève si l’enquête en Israël devait être étouffée, et de porter l’affaire devant la justice internationale. J’ai 50 ans. Voilà 30 ans que j’enseigne l’Arabe et la tolérance à mes élèves, à mes enfants aussi. J’ai choisi de consacrer ma vie à former les esprits, plutôt qu’à faire fortune. Aujourd’hui, j’ai l’impression de me trouver à la croisée des chemins : je voudrais préserver ce patrimoine de vie et de tolérance. Mais comment continuer à prêcher la paix et la coexistence à mes élèves quand ils me répondent : «  Et Asel, et les autres… » ».

Propos recueillis par Annie Bougault de Benedictis, à l’occasion des « Rencontres en Résistance » du Festival « Voix de Femmes ».

Protection Palestine.


Par Jérémy R.
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Lundi 17 novembre 2008


Wikipédia nous donne comme définition du terrorisme : Le terrorisme désigne les actions violentes (attentats, assassinats, enlèvements, sabotages...) menées contre la population, de telle sorte que leur retentissement psychologique – terreur et peur – dépasse largement le cercle des victimes directes pour frapper l'opinion publique concernée.

Une mouvance terroriste internationale qui existe depuis le XIIème siècle reste encore active dans le monde entier. En France, Elle possède de nombreuses bases arrières d’endoctrinement pour des actions violentes qui on a de nombreuses reprises entrainées des blessures graves voire parfois la mort. Les membres de cette mouvance terroriste sont la à chaque manifestation et participe à toutes les actions les plus violentes. Leur effectif est impressionnant, selon des sources proches du ministère de l’intérieur, le groupe PN compterait 145 000 membres et le groupe GN 103 481.

La mouvance gendarmo-policière n’est plus à présenté. C’est le lieux d’endoctrinement que sont les commissariats et les gendarmeries.

Luttons contre ce terrorisme. Armons-nous de patience (ou d’autres choses).

ACASANVA
« Aventurier Culturellement Ambigu Sans Age Ni Visage et Asexué. »

Par Jérémy R.
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Jeudi 6 novembre 2008





Avec toute la pollution médiatique au sujet des élections étasuniennes, avec le gigantesque tapage que font les intervenants des grands médias sur des élections considérées d’ores et déjà historiques par la simple présence d’un homme noir comme candidat - l’enchantement des communautés ethniques telles les hispaniques, les afro caribéens ou les afro-étasuniens - difficile de prendre du recul discursif devant le phénomène de société Obama. En effet, par la thaumaturgie de l’Olympe démocrate, comme surgissant d’une théogonie politique voulant sauver les délaissés, les victimes de l’absence, les exclus de la représentation au trône de Washington, Obama, par miracle, est le candidat du parti démocrate soudain devenu « révolutionnaire » pour avoir présenté deux prétendants insolites dans la course à son investiture pour les élections.

Le mot changement n’a jamais eu autant un sens mièvre ! Changer de look serait donc changer de substance. Il faut dire que dans un pays mécanique où tout est automation et se contente de fonctionner, la substance des politiques d’administration en administration étant sensiblement la même fors certaines petites nuances entre les présidents au pouvoir, celui-ci jouant les vestales en utilisant l’ONU pour agresser et coloniser, celui-là incarnant les durs à la manière bushiste, le moindre poli de surface a l’effet d’une révolution pour la masse votante. L’establishment le sachant, il use des deux partis sous sa croupe pour imbécilliser la foule indolente des électeurs qui veulent croire avoir un quelconque poids dans la balance des choix politiques de l’oligarchie ploutocratique. Les grands partis ancrés au pouvoir des Etats-Unis sont le masque démocratique de la ploutocratie féroce qui mène le pays. Ils sont la kunée mystifiante qui dérobe au regard du peuple, la hideur monstrueuse de sa servitude vis-à-vis des riches.

Il n’y a pas et ne peut y avoir de changement venant des partis prostitués du bordel ploutocratique des banquiers et PDG.

Un changement d’image sans visage !

L’image, on le sait, est désormais le lieu de la nouvelle manie en politique. La presse en général, la télévision surtout, nous servant le rituel iconolâtre de la politique-farce des présentations, faisant et surtout surfaisant les têtes des politiciens pour le peuple, a institué un culte nouveau : celui du look des candidats-acteurs. Quand l’iconomanie choisit de faire de l’appartenance ethnique le plus beau prétexte de changement dont jouent ceux-là même qui ont fait des ethnies non blanches, particulièrement des afro-étasuniens, une vilenie méprisable dans leur idéologie raciste, l’on comprend que les seuls maîtres du jeu demeurent les rois des structures qui font et défont les rôles et mimesis au rythme de la diégèse écrite à leur mesure, où ils choisissent les acteurs potentiels que déifient les votants.

Une image vide, reflet inhumain d’une ploutocratie, auquel l’élu prête un visage humain et démocratique, véritable ironie du peuple exclu de tout, sauf lorsqu’il faut l’appeler dans ses comices - le laissant croire qu’il choisit son représentant - pour légitimer l’imposture !

En attendant, les désespérés, les ravis, les rêveurs, les courtisans peuvent s’adonner à cœur joie dans cette sorte de suprématie virtuelle et somnambulique du votant qui ose prendre son moelleux fantasme onirique de transformation de son sort ou du monde par des élections, pour la réalité. Le messianisme encouragé par les médias et planifié par l’establishment est le pire persiflage infligé à la suprématie populaire au moment où tout est entre les mains de quelques olympiens maîtres des vies et des biens (la crise financière est en train de nous le prouver par le choix de l’État en faveur des riches) dans une société où l’homme n’est qu’une chose au service des banquiers et des ploutocrates qui instrumentalisent l’État.

Il n’y a pas de bonheur par procuration, si un homme peut jouir d’une consécration politique personnelle par délégation, gare aux masses serviles qui espèrent être libres par le seul fait de tremper un doigt dans l’encre.

CAMILLE LOTY MALEBRANCHE

http://www.legrandsoir.info/spip.php?article7356


Par Jérémy R.
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Jeudi 23 octobre 2008

Andrew Lahde, de Santa Monica, Californie, est le gestionnaire de « hedge funds » qui a fait un profit de 870 % l’année dernière en pariant sur un effondrement des « subprimes ». Il vient de fermer son fonds de placement et a rédigé une lettre aux investisseurs.

Aujourd’hui je n’écris pas pour jubiler. Eu égard aux souffrances endurées en ce moment par presque tous, ce serait totalement déplacé de ma part. Je n’écris pas non plus pour faire encore quelques prédictions, puisque la plupart de mes prévisions se sont réalisées ou sont en cours de l’être. En fait, je vous écris pour vous dire adieu.

Récemment, en première page de la section C du Wall Street Journal, un gestionnaire de hedge fund qui était lui aussi en train de fermer boutique (un fonds de 300 millions de dollars) fut cité, « ce que j’ai appris avec les hedge funds, c’est que je les déteste ». Je souscris totalement à cette déclaration. Je l’ai fait pour l’argent. Les fruits pendants, c’est-à-dire ces idiots dont les parents ont payé la prépa, Yale et le MBA d’Harvard, étaient à ramasser. Ces gens qui étaient la plupart du temps indignes de l’éducation qu’ils ont (supposément) reçue se sont élevés jusqu’aux sommets de firmes comme AIG, Bear Stearns et Lehman Brothers et à tous les niveaux du gouvernement. Toutes ces choses qui soutiennent cette aristocratie n’ont abouti qu’à rendre plus facile pour moi de trouver des gens assez bêtes pour être de l’autre côté de mes transactions. Que Dieu bénisse l’Amérique

Il a beaucoup trop de gens à remercier sincèrement pour ma réussite. De plus, je ne tiens pas à ressembler à un acteur de Hollywood en train de recevoir une récompense. L’argent gagné constitue une récompense suffisante. De plus, tous ceux à qui je dois des remerciements se reconnaîtront.

J’ai décidé de ne plus gérer de l’argent pour d’autres, qu’ils soient individus ou institutions. La gestion de ma propre fortune me suffit. Certains, qui pensent pouvoir estimer avec une certaine précision le montant de ma fortune personnelle, seraient peut-être surpris de me voir partir avec un trésor de guerre aussi modeste. Ca n’a pas d’importance ; ce que j’ai me suffit. De plus, je cède ma place à ceux qui tentent d’amasser des sommes à neuf, dix ou même onze chiffres. Pendant ce temps, ils mèneront des vies minables. Avec leurs réunions qui s’enchainent les unes derrière des autres, leur agenda rempli pour les trois mois à venir, ils attendront avec impatience leurs deux semaines de vacances en janvier pendant lesquelles ils resteront collés à leur Blackberry (sorte de téléphone portable nec plus ultra, et même plus que ça – ndt) ou d’autres appareils du même genre. Pourquoi faire ? De toute façon, dans cinquante ans, personne ne se souviendra d’eux. Steve Balmer, Steven Cohen, et Larry Ellison seront tous oubliés. Je ne comprends pas ce désir de postérité. Pratiquement tout le monde sera oublié. Abandonnez cette idée de laisser une marque. Débarrassez-vous de votre Blackberry et profitez de la vie.

Alors voilà. Avec tout le respect que je vous dois, je tire ma révérence. Ne vous attendez pas à recevoir des réponses à vos courriers ou messages, que ce soit dans les jours qui viennent ou à l’avenir. Andy Springer et sa société prendront en charge la liquidation du fonds. Et ne vous en faites pas pour les employés, ils ont toujours été salariés par la société de M. Springer et un seul (qui a été grassement indemnisé) perdra son emploi.

Je ne suis pas intéressé par des propositions d’affaires quelles qu’elles soient. En ce moment, je n’ai pas d’opinion tranchée sur les marchés, sinon que la situation continuera à se détériorer pendant quelques temps, probablement des années. Je suis heureux ainsi, assis au bord du chemin à attendre. Après tout, c’est en étant assis à attendre que j’ai fait fortune avec le débâcle des subprimes. A présent, j’aurai le temps de me refaire une santé abimée par le stress accumulé au cours de ces deux dernières années, et même au cours de toute ma vie – où j’ai été obligé de me battre pour une place à l’université, pour un emploi et des actifs à gérer, contre tous ceux qui avaient démarré dans la vie (avec des parents fortunés) avec une longueur d’avance sur moi. Que la méritocratie fasse partie d’une nouvelle forme de gouvernement dont nous avons besoin.

En ce qui concerne le gouvernement, j’aurais une modeste proposition à faire. D’abord, je voudrais souligner les failles les plus évidentes. Des propositions de lois ont sans cesse été présentées au Congrès ces huit dernières années. Des lois qui auraient permis de contrôler les pratiques de ces institutions dont la plupart aujourd’hui ont disparu. Ces institutions ont régulièrement rempli les coffres-forts de tous les partis politiques en échange d’un rejet de ces projets de lois qui étaient destinées à protéger le citoyen ordinaire. C’est un scandale et pourtant personne n’a l’air de le remarquer ou de s’en émouvoir. Depuis la mort de Thomas Jefferson et d’Adam Smith, je dirais qu’il y a une pénurie de véritables philosophes dans ce pays, du moins de ceux qui se consacrent à meilleure gouvernance. Le capitalisme a fonctionné pendant deux cents ans, mais les temps changent, et les systèmes se corrompent. George Soros, à la tête d’une fortune vertigineuse, a déclaré qu’il aurait aimé laisser comme souvenir celui d’un philosophe. Je lui suggère de commencer par le finançant un forum qui réunirait de grands esprits pour réfléchir à un nouveau système de gouvernement qui représenterait réellement les intérêts des citoyens ordinaires, tout en offrant des salaires suffisamment élevés pour attirer les cerveaux les plus brillants aux postes gouvernementaux et qui n’auraient ainsi pas de motifs à céder à la corruption pour améliorer leur niveau de vie. Un tel forum pourrait ressembler à celui qui servi pour créer le système d’exploitation (pour ordinateurs) Linux, qui défie le quasi monopole de Microsoft. Je crois qu’il existe une solution, mais en attendant, le système est à l’évidence brisé.

Pour finir, et pour profiter encore un peu de l’intérêt que je suscite, j’aimerais attirer votre attention sur une source alternative d’alimentation et d’énergie. Vous ne la verrez pas dans les publicités télévisées de British Petroleum qui vantent les mérites de leur « solutions durables », ni dans les publicités d’ADM. Mais le chanvre a été employé depuis au moins 5.000 ans dans l’habillement et l’alimentation, et dans pratiquement tout ce que l’industrie pétrolière produit. Le chanvre n’est pas la marijuana et vice versa. Le chanvre est la plante male et pousse comme de la mauvaise herbe, d’où le terme employé en argot. Le drapeau américain à l’origine était tissé en fibre de chanvre et notre constitution était imprimée sur du papier à base de chanvre. Le gouvernement US s’en servait encore pendant la deuxième guerre mondiale, puis l’a interdit après la victoire. A une époque où tout le monde parle sans cesse d’autosuffisance énergétique, pourquoi la culture de cette plante est-elle interdite dans ce pays ? Ah, à cause de la femelle. La plante femelle maléfique – la marijuana. Ca fait planer, ca fait rire, et pas de gueule de bois le lendemain. Contrairement à l’alcool, elle ne provoque pas de bagarres dans les bars et aucune épouse ne se fait tabasser. Alors pourquoi cette plante inoffensive est-elle interdite ? Parce que c’est un produit d’entrée bas de gamme dans le monde des drogues ? Non, dans ce cas ce serait plutôt l’alcool, dont on fait massivement la publicité partout. Je suis arrivé à la conclusion que si cette plante est illégale dans ce pays, c’est parce que Corporate America, qui contrôle le Congrès, préfère nous vendre du Paxil, du Zoloft, du Xanax et d’autres drogues addictives, plutôt que de nous laisser faire pousser une plante à la maison et leur faire perdre ainsi quelques profits. Cette politique est absurde. Elle a certainement contribué à accentuer notre dépendance énérgétique. Les autres pays rigolent littéralement devant notre stupidité, surtout le Canada, et plusieurs pays européens (est et ouest). Mais vous ne le saurez pas en consultant les média US parce que ces derniers ont tendance à ne pas trop s’étendre dans ces cas là. Alors, je vous en prie, arrêtons toutes ces paroles en l’air et commençons à réfléchir sur comment devenir réellement autosuffisants.

Sur ce, je vous dis Adieu et bonne chance.

Cordialement,

Andrew Lahde

Traduction VD pour le Grand Soir http://www.legrandsoir.info

Par Jérémy R.
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Jeudi 3 juillet 2008
 Réjouissons nous, une bourgeoise est libre, le peuple crève.

Nausée médiatique et grand moment de liesse, Betancourt est libre.
Parler pour ne rien dire, boulot d’un journaleux non ?
Même scénario que pour l’Europe, comique, de quoi te mettre en rogne toute la journée après avoir allumé ta radio 5 minutes…
Matraquage, matraquage… On s’y habitude.

Retour à la vie pour l’héritière de la puissante famille Betancourt.
Mais les autres ?
Les otages sont estimés au nombre de 750 je crois,
alors pourquoi ne parlons nous que d'Ingrid Betancourt ?
Famille influente et riche...

Ceux qui restent ?
Les guérilleros enfermés et torturés dans les prisons d'Uribe ?
Les syndicalistes assassinés ?
Les paysans exploités, abattus en représailles ?

Mais comme d'habitude, les médias s'en donnent à coeur joie.
Occultant ceci, cachant cela, rajoutant ce détail croustillant...
Mais ce qu'ils ne nous ont pas dit.
Uribe et les narcotrafiquants, Uribe et les paramilitaires, Uribe et l'extrême droite.
Uribe et Bush, Uribe ses torpillages de négociations, Uribe et ses assassinats.

Je crache sur l'Impérialisme américain.
J'emmerde les ennemis du peuple comme Uribe.
Je tourne le dos à nos médias manipulateurs.
Et surtout, je me fous d'Ingrid Betancourt, représentante de l'oligarchie contre laquelle luttent les FARC.

Car elle n'est qu'une poussière de joie dans un monde d'horreur.

Liberté et Justice pour TOUS.



¡ El pueblo unido jamás será vencido !
Par Jérémy R.
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Samedi 28 juin 2008
"Si vous ne violez pas les droits de l'homme de temps à autres, probablement que vous faites mal votre travail" Anonyme - CIA - Washington Post - 26 décembre 2002
Par Jérémy R.
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Jeudi 26 juin 2008

Bonjour,


Vous avez déjà vu un hamster en cage ? Mignon, n’est-ce pas ? Tout petit, j’étais fasciné devant le spectacle d’un hamster courant dans l’inévitable roue qui garnissait sa cage. Il faut bien dire qu’il n’avait pas grand chose d’autre à faire, le pauvre. Il faut dire aussi que les choses ne se sont guère arrangées pour lui depuis l’instauration des 35 heures. Bref, il courait, courait le hamster derrière une hypothétique médaille d’or de l’ennui carcéral.


Il fallait être un humain doué d’une intelligence supérieure pour s’apercevoir qu’en réalité l’hamster faisait du sur-place. Et comme j’étais justement doué d’une telle intelligence, je suis rapidement arrivé à la même conclusion, agrémenté d’une opinion - un peu péremptoire, certes, mais j’étais tout petit, rappelez-vous. Et cette opinion à l’époque était la suivante : "il n’y a rien de plus con qu’un hamster".


Il m’a fallu un certain temps - le temps de frotter ma peau burinée contre le revêtement anti-adhésif des casseroles médiatiques - pour comprendre à quel point j’avais tort. En réalité, il existait bien un être encore plus con qu’un hamster et j’hésite encore à vous révéler son identité. Mais j’en ai déjà trop dit, ou pas assez, alors tant pis, je vous le dis : plus con qu’un hamster, il y avait moi.


Non, je vous en prie. Epargnez-moi vos consolations maladroites, votre condescendance humiliante, vos justifications déplacées, votre sympathie à retardement... Jugez plutôt sur pièces : j’ai longtemps admis sans sourciller l’idée - sans cesse rabâchée, martelée, imposée - que "La liberté de la presse est le meilleur garant de la démocratie". Message subliminal colporté aujourd’hui par cette officine de bras cassés qui se nomme Reporters Sans Frontières.


J’adore décortiquer ces idées qui traversent la société comme une colonne de GI’s traverse le désert Irakien : droit devant, sans poser de questions. Les formes sombres calcinées sur le bas-côté de la route ne sont jamais interviewées. Dommage pour eux. Dommage pour nous.


En vérité, "La liberté de la presse est le meilleur garant de la démocratie" sonne comme une injonction divine. Son apparente évidence paralyserait et laisserait sans voix même le plus déjanté des commentateurs sportifs brésiliens. C’est vous dire si le travail de critique est rude, politiquement incorrect et risqué. D’où mon empressement à le faire.


Ce n’est d’ailleurs pas tellement que j’aurais changé, c’est juste que je viens de m’en rendre compte. Et n’allez surtout pas croire que j’aurais soudainement décidé de couper les cheveux des mouches en quatre. Si chaque mot à son importance, et je le crois, nous sommes en présence ici d’une arnaque intellectuelle de première grandeur qui, comme toutes les idées similaires, projettent un écran de fumée sur la réalité des choses et participent au maintien d’un statu quo qui convient à une petite minorité. Après tout, "les idées (prétendument) dominantes d’une époque ne sont (jamais) que les idées (imposées) de la classe dominante de l’époque" disait - de mémoire - un barbu marxiste. Les mots entre parenthèses ont été rajoutés par mes soins, histoire de me donner aussi une petite dimension historique.


Procédons d’abord à une petite analyse de texte : "La liberté de la presse est le meilleur garant de la démocratie" disent-ils. On aurait pu dire "La liberté des journalistes..." (les individus), mais on dit "la liberté de la presse" (l’industrie). Nuance subtile mais ô combien importante pour l’inconscient collectif. Selon Serge Halimi, "L’information est devenue un produit comme un autre. Un journaliste dispose d’à peine plus de pouvoir sur l’information qu’une caissière de supermarché sur la stratégie commerciale de son employeur."


Alors gardons le parallèle et énonçons une nouvelle "vérité évidente" à la manière de RSF : "La liberté de la grande distribution est le meilleur garant des consommateurs". Et là, du coup, plus personne ne rigole. Et que dire de ceci : "La liberté des promoteurs immobiliers est le meilleur garant des locataires" ? Et là, du coup, vous êtes bien pâle. J’aime bien aussi celle-ci : "La liberté des patrons est le meilleur garant des travailleurs". Et là, du coup, vous êtes au chômage.


En déclinant les exemples, l’absurdité de la chose prend toute son ampleur.


Oui, je sais, on me rétorquera que je joue sur les mots, que "liberté de la presse" n’est qu’une manière comme une autre de dire "liberté des journalistes". Je pense que non. A l’heure où l’attrait du libéralisme (économique) bat de l’aile partout dans le monde, il devient essentiel de sauvegarder la mainmise sur ses moyens de propagande. Sous un pseudo-défense de la démocratie, on voudrait nous faire croire que la liberté (de fusionner, de se vendre comme un paquet de lessive, de se multinationaliser et même de nous mentir) de la presse serait un garant de nos libertés. Comme par hasard, les dernières lois états-uniennes de réglementation des médias (des lois de "non-liberté de la Presse") viennent d’être abrogées aux Etats-Unis par une administration qui a déjà largement démontré son attachement à la démocratie, n’est-ce pas ? Et pour quels résultats ? Les plus grands "fournisseurs d’informations" de la planète (i.e. les médias états-uniens) sont à présent l’objet d’OPA sauvages, de méga-fusions, de prises de contrôle réciproques... Et pour quel(s) résultat(s) ?


Bon, admettons que je joue sur les mots. Alors nous dirions "La liberté des journalistes est le meilleur garant de la démocratie". Ah bon ? Etrange chose que d’affirmer que le meilleur garant de la démocratie soit la liberté d’une catégorie socioprofessionnelle, et d’une seule, fusse-t-elle journalistique. Pourquoi pas "La liberté des travailleurs sur leur lieu de travail est le meilleur garant de la démocratie" ?


Le ridicule de la chose atteint son comble lorsque RSF défend les médias monopolistiques et ouvertement putschistes du Venezuela - sous prétexte que Chavez aurait froncé des sourcils à l’encontre de ceux qui ont tout fait pour éliminer un président démocratiquement élu et respectueux de la constitution de son pays. Encore plus ridicule lorsque la même RSF s’abstient (refuse) de défendre les seuls journalistes en prison au Venezuela (emprisonnés par des forces antichavistes), à savoir ceux des médias communautaires... Mais il est vrai que ces derniers n’étaient pas au service de "la presse"... Ils n’étaient au service que de l’information. Nuance.


Alors où commence et où s’arrête cette fameuse liberté de la presse ? La liberté de la presse inclut-elle les appels au coup d’état ? La liberté de la presse inclut-elle la liberté des journalistes de se faire rémunérer par une puissance étrangère dans le but de renverser le gouvernement de son pays ? La liberté de la presse inclut-elle le silence ? La liberté de la presse inclut-elle la censure ? La liberté de la presse inclut-elle la monopolisation des médias par une minorité ? La liberté de la presse inclut-elle le foutage de gueule quotidien qu’on nous impose au journal de 20 h sur les chaînes nationales payées avec l’argent des contribuables ?


En réalité, la liberté de la presse n’est que la liberté des propriétaires des moyens de communication. Je ne suis pas convaincu que nos intérêts respectifs soient partagés.


Et qu’ils ne viennent pas me casser les pieds pour quelques (rares) véritables informations sur la guerre en Irak ou sur certaines réalités autour de Bush. J’affirme que sans Internet, et la pression forcément exercée par la base qui veut savoir, comprendre, la "presse" (celle qui s’admire et se congratule tant) n’aurait pas bougé le petit doigt... Et oui, c’est la "démocratie" de l’Internet qui a - un peu - sauvé notre droit à l’information.


Non, ce n’est pas la liberté des journalistes encartés, encore moins celle de "la presse", qui est importante. C’est qui est important, c’est la liberté d’informer, et ce n’est pas la même chose. Ce qui nous amène directement à la "possibilité" de s’informer. Et oui, à quoi sert la "liberté" de s’informer sans la "possibilité" de s’informer ? Nous y voilà. Car c’est justement cette liberté-là qui est désormais mise en danger par la presse elle-même. Celle qui est censée être le meilleur garant de la démocratie.


"Si tu n’es pas pour la liberté de la presse, tu es donc pour la censure ?". Ha, ha, ha. Je l’attendais celle-là. Merci de m’avoir posé la question. Elle est bien bonne car ça fait une heure que je dis le contraire. Le problème est le suivant : que se passe-t-il lorsque la censure - ou la non-information - est le fruit de la presse elle-même ? C’est d’autant plus vrai que le contraire de "liberté" n’est pas "censure" (comme certains voudraient nous le faire croire), mais "contrôle". Contrôle qui par ailleurs existe déjà : celui exercé par les actionnaires des sociétés de presse. C’est pourtant simple : le contrôle de facto de l’information par une minorité n’a rien à voir avec la démocratie.


Soyons clairs. Je ne demande pas que l’on censure les propos du président des Etats-Unis. Je réclame simplement le droit d’être informé aussi sur ceux de Fidel Castro - par exemple. Je ne demande pas que l’on empêche tel ou tel journaliste de s’exprimer à une heure de grande écoute, je remets en cause le droit régalien arrogé par celui-ci pour occuper tous les soirs le petit écran. Quoi ? Il n’y aurait donc personne d’autre dans ce foutu pays pour nous informer avec, disons, un éclairage différent ?


"T’as qu’à changer de chaîne". D’accord. "T’as qu’à acheter un autre journal". OK. Déjà entendu. Je l’ai fait. Résultat : je ne regarde plus la télé et je ne lis plus les journaux. Et pour vous dire la vérité, j’en suis arrivé au point de cultiver ce petit espoir secret : que nous soyons de plus en plus nombreux à laisser tomber ces abrutis et qu’ils crèvent comme ils ont vécu : par et pour l’argent. Je plaisante. Un peu.


Alors que diriez-vous de la phrase suivante : "la possibilité de s’informer est le meilleur garant de la démocratie". C’est déjà mieux, non ? Cela induit beaucoup de choses. Par exemple, qu’une véritable démocratie ne saurait exister sérieusement sans une démocratisation de la presse. La liberté de la presse ne garantit aucunement la démocratie. La presse ne fait au mieux que refléter l’état de la démocratie. Il arrive même que la presse soit le principal prédateur de la démocratie. L’histoire du Chili, du Nicaragua et (presque) du Venezuela nous le montre. Et ce ne sont que quelques exemples pris au hasard dans ma mémoire.


Vu sous cet angle là, les Cubains, par exemple, qui lisent Granma et reçoivent aussi une vingtaine de radios états-uniennes ont plus de possibilités de s’informer qu’on voudrait nous faire croire. On peut d’ailleurs constater tous les jours que les Cubains sont globalement mieux informés que le quidam moyen de nos propres contrées... Oh doux paradoxe des temps modernes où le premier venu d’une "dictature féroce" du tiers-monde connaît mieux la marche du monde que le premier parvenu du Texas.


Et personne ne semble avoir remarqué que si la presse cubaine ne dit pas tout, c’est vrai (existe-t-il d’ailleurs une presse qui "dit tout" ?), on ne l’a jamais encore prise - à ma connaissance - en flagrant délit de mensonge. Oh autre doux paradoxe des temps modernes : la presse "contrôlée" d’une "dictature féroce" du tiers-monde ne dit pas tout mais ne ment pas, tandis que la presse "libre" de chez nous dit tout et n’importe quoi et ment assez souvent...


Personne n’est parfait.


Défendre la liberté de la presse, c’est défendre une industrie. Défendre le droit à l’information, c’est défendre une idée. Idée mise à mal justement par l’industrie de l’information elle-même. Alors ne nous trompons pas de combat, comme certains nous y invitent...


Si s’informer est un droit pour tout citoyen, alors informer est un "devoir" pour la presse, pas une "liberté".


Alors, à moins de jouer aux hamsters dans la petite roue de Reporters Sans Frontières et autres barons de l’industrie médiatique, ce n’est pas la liberté de la presse qui est le meilleur garant de la démocratie, c’est la (véritable) démocratie qui est le meilleur garant de la liberté (réelle) de la presse.


Ne leur en déplaise, la "liberté de la presse" a bien des limites. La Liberté de la Presse s’arrête exactement là où commence Mon Droit à Une Véritable Information.


Vous pouvez me citer.




Viktor Dedaj
"défenseur des messes laborieuses"
Aout 2004.
Par Jérémy R.
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